Pour un chantier, le coût de l’électricité ne dépend pas uniquement du prix du kilowattheure : il faut aussi tenir compte du raccordement provisoire, de la puissance demandée, de la durée d’utilisation et des composantes réglementées de la facture. À compter du 1er août 2026, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose une hausse moyenne de 2,93 % hors taxes du Tarif Bleu non résidentiel, soit 2,35 % TTC en moyenne. Cette évolution concerne les clients qui disposent d’un contrat aux tarifs réglementés de l’électricité, et non tous les professionnels du bâtiment indistinctement.
La délibération n° 2026-147, publiée le 16 juillet, intègre notamment le nouveau mécanisme de capacité et des coûts d’acheminement révisés. L’accise baisse légèrement, tandis que les tarifs Jaune et Vert ne sont pas assortis d’une évolution moyenne communiquée par la CRE. Pour une entreprise qui prépare un chantier, l’enjeu est donc de vérifier son contrat, son éligibilité et la façon dont son compteur de chantier sera alimenté : une variation moyenne nationale ne prédit pas à elle seule le montant de la prochaine facture.
En bref : les changements des tarifs d’électricité pour les chantiers
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Tarif Bleu non résidentiel : évolution moyenne proposée de +2,93 % HT, soit +2,35 % TTC à partir du 1er août 2026.
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Tarifs Jaune et Vert : la CRE ne publie pas de hausse moyenne pour ces barèmes ; l’effet varie selon les options et les profils de consommation.
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Raccordement provisoire : les frais de raccordement et de mise en service sont à distinguer du prix de l’énergie consommée.
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Accise : les taux mentionnés pour les principales catégories diminuent de 0,23 €/MWh, sous réserve des règles fiscales applicables au site.
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Éligibilité : le TRV est accessible à certaines entreprises répondant aux critères des très petites entreprises, pas à toutes les sociétés du bâtiment.
Tarifs réglementés de l’électricité : quelle évolution au 1er août 2026 ?
La proposition de la CRE porte sur le Tarif Bleu non résidentiel en basse tension, pour une puissance souscrite inférieure ou égale à 36 kVA. La hausse moyenne annoncée atteint 4,74 €/MWh HT, ou 5,56 €/MWh TTC. Les tarifs Jaune et Vert sont concernés par de nouveaux barèmes, mais la CRE ne donne pas de pourcentage moyen comparable pour ces catégories.
Ces chiffres ne constituent pas une hausse uniforme de chaque facture. Le résultat dépend de l’option tarifaire, de la puissance souscrite et de la part d’électricité utilisée pendant les différentes périodes, comme les heures pleines ou les heures creuses. Un artisan qui fait fonctionner ses équipements surtout en journée peut ainsi constater un effet différent d’une entreprise dont l’activité se déroule principalement la nuit.
| Élément | Évolution ou règle annoncée | Conséquence possible sur un chantier |
|---|---|---|
| Tarif Bleu non résidentiel | +2,93 % HT et +2,35 % TTC en moyenne | Effet direct pour les clients éligibles ayant un contrat au TRV |
| Tarifs Jaune et Vert | Pas de moyenne communiquée par la CRE | Examiner la grille correspondant à l’option et au profil du site |
| Composante de capacité | +1,93 % HT et +1,59 % TTC en moyenne | Intégration du nouveau mécanisme dans les barèmes |
| Part acheminement intégrée aux TRVE | +1,23 % HT et +1,14 % TTC en moyenne | Reflète notamment les écarts de recettes et de charges de réseau |
| Accise sur l’électricité | Baisse de 0,23 €/MWh pour les catégories indiquées | Allègement fiscal limité, applicable selon la situation du consommateur |

Pourquoi les composantes de la facture évoluent-elles ?
La composante de capacité augmente en moyenne de 1,93 % HT. Le mouvement intègre le nouveau mécanisme à partir du 1er août 2026 ; le reliquat de l’ancien dispositif et les autres régularisations liés aux coûts réalisés en 2026 doivent être pris en compte lors du prochain mouvement tarifaire prévu en février 2027.
La part d’acheminement comprise dans les TRVE progresse, elle, de 1,23 % HT en moyenne. La CRE l’explique notamment par des consommations et des recettes tarifaires inférieures aux prévisions en 2025, année plus chaude qu’anticipé, ainsi que par des charges de capital et des coûts de congestion supérieurs aux estimations pour RTE. Les coûts liés aux certificats d’économie d’énergie diminuent de 0,39 % HT en moyenne, tandis que la rémunération normale de la fourniture reste fixée à 2,5 % du tarif hors taxes et hors rattrapages.
La composante de rattrapage reste stable à 0,52 €/MWh, comme lors du mouvement de février 2026. Elle sera réexaminée lors d’une prochaine évolution tarifaire : le montant d’un contrat ne se résume donc pas à la seule variation moyenne annoncée.
Électricité de chantier : qui peut bénéficier du tarif réglementé ?
Depuis le 1er février 2025, en France métropolitaine continentale, les tarifs réglementés de vente sont accessibles aux consommateurs domestiques et aux entreprises non domestiques qui remplissent les critères des TPE : moins de dix salariés et un chiffre d’affaires, des recettes ou un total de bilan annuel ne dépassant pas 2 millions d’euros. Une entreprise doit attester qu’elle respecte ces conditions lors de la souscription.
Pour les professionnels du bâtiment, le statut juridique ou le fait d’intervenir sur un chantier ne suffit donc pas à déterminer le tarif applicable. Il faut vérifier l’éligibilité de l’entreprise et les caractéristiques du point de livraison. Une société qui a choisi une offre de marché ne bénéficie pas automatiquement de l’évolution du TRV : les conditions d’achat de l’énergie dépendent alors de son contrat d’électricité professionnel, même si certaines composantes réglementées de la facture évoluent indépendamment du fournisseur.
Une entreprise individuelle peut aussi devoir anticiper d’autres obligations propres à son activité, comme l’assurance décennale. À ce sujet, consultez les informations sur la décennale pour les micro-entrepreneurs du bâtiment lors de la préparation administrative de vos chantiers.
Compteur de chantier et raccordement provisoire : distinguer les coûts
Un raccordement provisoire permet d’alimenter un site pendant une durée limitée, par exemple le temps d’une rénovation ou d’une construction. Les frais liés à la demande de raccordement, à la mise en service ou à la puissance nécessaire peuvent s’ajouter à la fourniture d’énergie : ils ne sont pas équivalents au tarif du kilowattheure.
Avant le démarrage, le conducteur de travaux peut comparer la durée prévue, les équipements à alimenter et la puissance nécessaire. Si une grue, des appareils de chauffage et des outils sont utilisés simultanément, une puissance mal évaluée peut compliquer l’exploitation du chantier ou entraîner des coûts évitables. Le bon réflexe consiste à demander au fournisseur d’électricité et au gestionnaire de réseau un chiffrage séparant clairement l’énergie, l’acheminement et les prestations de raccordement.
Pour un micro-entrepreneur du secteur, la maîtrise de ces postes s’inscrit dans une gestion plus large des charges et des risques professionnels ; les repères sur l’assurance décennale adaptée aux micro-entrepreneurs peuvent compléter la préparation du projet.
Comment anticiper l’évolution des tarifs sur le budget des travaux ?
Pour estimer l’impact sur le budget énergétique des travaux, commencez par identifier le type de contrat et la puissance souscrite, puis relevez les périodes de consommation prévues. Une hausse moyenne du TRV ne permet pas, à elle seule, de calculer le surcoût d’un chantier : les horaires d’utilisation et l’option tarifaire peuvent modifier le résultat.
La fiscalité évolue également. Au 1er février 2026, les niveaux hors TVA indiqués pour l’accise sont de 30,62 €/MWh pour les ménages et les professionnels jusqu’à 36 kVA, et de 26,35 €/MWh pour les professionnels au-delà de 36 kVA et jusqu’à 250 kVA. Dans les deux cas, il s’agit d’une baisse de 0,23 €/MWh. La CTA reste stable à 15 % de la part fixe du TURPE pour les clients raccordés au réseau de distribution et à 5 % pour ceux raccordés au réseau de transport. Les entreprises bénéficiant de régimes fiscaux spécifiques doivent vérifier leur situation au cas par cas.
Autre point à surveiller pour certains sites : la grille tarifaire d’autoconsommation collective est ajoutée au TRV Vert haute tension non mis en extinction, tandis que la version B des options ACC est supprimée pour les catégories Bleu et Jaune. Les anciennes options Vert A5 BASE et A5 EJP ne sont plus ouvertes à la souscription depuis le 1er février 2026, mais un client déjà titulaire peut les conserver s’il ne change ni de puissance, ni d’option, ni de version.
Les vérifications utiles avant l’ouverture du chantier
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Confirmer l’éligibilité au TRV : vérifier les critères applicables à l’entreprise et le type de contrat associé au point de livraison.
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Demander un devis de raccordement : distinguer les frais de raccordement provisoire du coût de la fourniture d’électricité.
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Adapter la puissance : inventorier les équipements qui fonctionneront en même temps pour choisir une puissance cohérente avec le chantier.
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Comparer les périodes de consommation : examiner les plages horaires et l’option tarifaire, plutôt que de s’appuyer uniquement sur une moyenne nationale.
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Relire la facture après le changement : contrôler les lignes d’énergie, d’acheminement et de fiscalité pour repérer l’origine d’une variation.
Les modalités de facturation de l’énergie réactive évoluent aussi pour le TRV Vert : elle est désormais facturée en saison basse heures creuses, selon les conditions prévues par la délibération relative au TURPE 7. Les modalités en saison haute restent inchangées, un point à vérifier pour les sites dont les équipements génèrent ce type de consommation.
Questions fréquentes sur l’électricité de chantier et les tarifs réglementés
La hausse du Tarif Bleu concerne-t-elle tous les professionnels du bâtiment ?
Non. La hausse moyenne proposée concerne les clients au Tarif Bleu non résidentiel éligibles au TRV, pour une puissance souscrite jusqu’à 36 kVA. Les entreprises en offre de marché ne subissent pas cette évolution du tarif de fourniture en tant que telle, même si des composantes réglementées de leur facture peuvent évoluer.
Le prix du kilowattheure réglementé est-il identique pour chaque chantier ?
Non. L’évolution réelle dépend notamment de l’option tarifaire, de la puissance souscrite et de la répartition des consommations entre les périodes de l’année. Les tarifs Jaune et Vert ne disposent pas d’une hausse moyenne annoncée par la CRE dans la délibération citée.
Le raccordement provisoire est-il compris dans le tarif de l’électricité ?
Pas nécessairement. Les frais de raccordement, de mise en service ou les autres prestations liées à l’installation temporaire doivent être distingués de la fourniture d’énergie et du prix du kilowattheure. Il est recommandé de demander un devis détaillé avant l’ouverture du chantier.
À quelle date les nouveaux barèmes des TRVE prennent-ils effet ?
Les évolutions résultant des nouveaux barèmes prennent effet au 1er août 2026. La délibération n° 2026-147 de la CRE, proposant ces tarifs, a été publiée le 16 juillet 2026.



