26 juin 2026
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RE2020 et maisons individuelles : ce qui change pour les seuils carbone

Le paysage RE2020 évolue en 2026, avec une extension du périmètre et des ajustements destinés à accélérer la réduction de l’empreinte carbone des bâtiments. Pour les maisons individuelles, les seuils carbone de 2025 restent en vigueur, mais un renforcement est prévu en 2028 et 2031. Le décret RETEX apporte des assouplissements ciblés afin d’aider les porteurs de projets à atteindre les objectifs tout en préservant la performance énergétique et la transition énergétique. Dans ce contexte, il est crucial de comprendre ce qui change vraiment en 2026 et les implications concrètes sur le choix des matériaux, les méthodes de construction et le coût global.

En bref

  • Extension du cadre RE2020 à dix typologies de bâtiments tertiaires, portant le périmètre réglementaire sur environ 70% du parc concerné.
  • Pour les maisons individuelles, les seuils carbone 2025 restent valables en 2026, avec des renforcements prévus en 2028 et 2031.
  • Le décret RETEX introduit des assouplissements ciblés (pv, salles d’eau multiples, zones climatiques spécifiques) afin de faciliter la conformité sans compromettre les objectifs.
  • La trajectoire Icconstruction se poursuit: ~640 kg CO2/m² en 2022-2024, environ 530 kg CO2/m² en 2025, puis des paliers en 2028 et 2031 pour réduire davantage l’empreinte des matériaux.
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RE2020 et maisons individuelles en 2026 : ce qui ne change pas et ce qui évolue

Extension du périmètre RE2020 aux bâtiments tertiaires

À partir de janvier 2026, le champ d’application de la RE2020 s’élargit à dix typologies supplémentaires du tertiaire. Parmi elles figurent les hôtels, les restaurants, les commerces, les crèches, les établissements universitaires, les structures de santé, les EHPAD, les gymnases et les aérogares, ainsi que des bâtiments à usage industriel et artisanal. Cette extension représente une part majeure du parc à venir et répond à la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments.

Cette évolution s’inscrit dans une logique de construction durable et de transition énergétique plus rapide, tout en assurant une cohérence avec les exigences de réglementation thermique harmonisées à l’échelle européenne.

Ce qui change pour les maisons individuelles en 2026

Pour les maisons individuelles, les modifications de janvier 2026 n’impliquent pas de révision directe des règles applicables. Le cadre demeure aligné sur le palier 2025, qui couvre la période 2025-2027. Les seuils et indicateurs que vous devez suivre restent donc ceux du palier en vigueur depuis le 1er janvier 2025.

Plusieurs indicateurs clefs restent stables entre 2025 et 2027 :

  • Bbio (besoin bioclimatique), Cep (consommation d’énergie primaire), Cep nr (énergie non renouvelable) et DH (degrés-heures d’inconfort) conservent leurs valeurs seuils actuelles.
  • L’indicateur Icénergie pour les maisons non raccordées à un réseau de chaleur urbain demeure fixé à 160 kg CO2 eq/m² sur 50 ans.

Les seuils carbone : état des lieux et perspectives

Le levier principal des évolutions reste l’indicateur Icéconstruction, mesurant l’empreinte carbone des matériaux sur le cycle de vie de 50 ans. La trajectoire pour les maisons individuelles est clairement établie :

  • 2022-2024 : seuils autour de 640 kg CO2 eq/m².
  • 2025 : réduction d’environ 17 %, amenant le cap à environ 530 kg CO2 eq/m².
  • 2028 : réduction cumulée d’environ 24 % par rapport au baseline.
  • 2031 : objectif de réduction cumulée d’environ 35 %.

Selon le CSTB et les retours d’expérience, les seuils 2025 restent atteignables avec des procédés conventionnels en optimisant les choix de matériaux. Les niveaux 2028 et 2031 favoriseront toutefois un recours accru à des matériaux biosourcés (bois, paille, chanvre) et à des solutions bas carbone.

Le décret RETEX : des ajustements pour faciliter la conformité

Le décret n° 2024-1258, dit RETEX, publié fin 2024, apporte des adaptations tirées de l’“expérience sur le terrain”. Pour les maisons individuelles, plusieurs points peuvent faciliter la conformité :

  • Modification du coefficient Bbio max lorsque le projet comprend plusieurs salles d’eau, afin d’éviter des surcoûts de confort.
  • Contexte PV : les projets intégrant des énergies renouvelables bénéficient de simplifications qui tiennent compte de leur contribution à la décarbonation globale.
  • Assouplissements spécifiques pour les zones climatiques H2d et H3 (méditerranée) afin d’améliorer le confort estival et le Cep nr dans ces contextes.

Pour votre projet, ces ajustements ouvrent des marges intéressantes et exigent néanmoins une analyse thermique fine dès la phase de conception et un recours éventuel à des matériaux biosourcés pour rester sous les seuils.

Exemples concrets pour votre projet

Deux scénarios illustrent comment les choix constructifs influencent les résultats :

  1. Scénario 1 : Maison traditionnelle optimisée – 120 m² en région lyonnaise, parpaings, isolation thermique par l’extérieur, PAC air-eau. Bbio autour de 52 et Icconstruction≈580 kg CO2/m², soit une conformité claire avec le seuil 2025 et des marges raisonnables pour 2028 avec des attentions sur les matériaux.
  2. Scénario 2 : Maison à ossature bois performante – 100 m² en Provence, ossature bois, isolation fibre de bois, poêle à granulés et panneaux solaires thermiques. DH élevé et large inertie, Icconstruction ≈420 kg CO2/m², positionné favorablement pour les seuils 2028 et 2031 grâce au recours massif à des matériaux biosourcés.

Ces exemples montrent que le choix des matériaux et de la technique constructives joue un rôle déterminant. Se faire accompagner par un bureau d’études thermiques dès la phase conception aide à anticiper et optimiser les arbitrages.

Impact sur le marché de la construction

L’extension de la RE2020 aux bâtiments tertiaires en 2026 stimule la structuration des filières de matériaux bas carbone. Les acteurs du béton, de l’acier et des isolants traditionnels travaillent à réduire l’empreinte de leurs produits, tandis que les solutions biosourcées se démocratisent et se rapprochent des coûts des solutions conventionnelles. Pour les particuliers, cette dynamique se traduit par une offre plus riche et des coûts plus compétitifs pour les matériaux biosourcés.

Le bois et les isolants biosourcés gagnent du terrain

Le recours accru au bois, à l’isolation biosourcée et aux matériaux bas carbone s’inscrit dans une logique de construction écologique et de bâtiment durable. Cette évolution contribue à diminuer l’empreinte carbone des bâtiments, tout en restant compatible avec les exigences de réglementation thermique et les objectifs de transition énergétique.

Tableau récapitulatif des paliers Icconstruction

Période Icconstruction cible (kg CO2 eq/m²) Commentaire
2022-2024 ≈640 Base historique des seuils
2025 ≈530 Réduction d’environ 17 %
2028 ≈486 Réduction cumulée d’environ 24 %
2031 ≈416 Objectif de réduction cumulée ~35 %

Conseils pratiques pour votre projet

  • Adoptez une conception bioclimatique dès l’avant-projet : orientation, compacité, surface vitrée (idéale entre 16 et 25 % de la SHAB) influencent fortement le Bbio et les besoins énergétiques.
  • Privilégiez les énergies renouvelables et les solutions électriques performantes comme les pompes à chaleur.
  • Optez pour des matériaux à faible impact carbone : ossature bois, isolation biosourcée, béton bas carbone, matériaux recyclés.

Points clés à retenir

  • Les seuils carbone Icconstruction restent le levier principal d’évolution.
  • Le décret RETEX introduit des assouplissements ciblés pour différents contextes opérationnels.
  • Les matériaux biosourcés et les solutions bas carbone deviennent progressivement incontournables pour atteindre les paliers 2028 et 2031.

FAQ

Le périmètre RE2020 s’étend-il vraiment aux bâtiments tertiaires en 2026 ?

Oui. Dix typologies supplémentaires – hôtels, restaurants, commerces, crèches, établissements universitaires, structures de santé, EHPAD, gymnases et aérogares, plus des bâtiments industriels et artisanaux – passent sous le régime RE2020, alignant le tertiaire avec les exigences environnementales actuelles.

Les maisons individuelles subissent-elles des changements en 2026 ?

Pas de modification directe des règles pour les maisons individuelles en 2026. Le palier 2025 reste en vigueur jusqu’en 2027 et définit les seuils et indicateurs à respecter.

Qu’est-ce que le décret RETEX et comment cela vous aide-t-il ?

Le décret RETEX (2024-1258) adapte certains coefficients et mécanismes pour faciliter l’atteinte des objectifs, notamment en matière de Bbio, d’intégration des panneaux solaires et d’adaptation dans les zones climatiques spécifiques. Il vise à rendre les exigences plus réalistes tout en maintenant la trajectoire carbone.

Comment viser les paliers 2028 et 2031 ?

En combinant matériaux biosourcés, ossatures bois, béton bas carbone et solutions solaires, tout en optimisant le Bbio et la conception bioclimatique, afin de réduire l’impact des matériaux et atteindre les seuils plus stricts des paliers ultérieurs.