Comment préparer mes surfaces à peindre ? (Partie 2)

Les travaux préparatoires étant effectués (voir Comment préparer mes surfaces à peindre ?(Partie 1)), les supports peuvent recevoir le système de peinture proprement dit.

Divers subjectiles se rencontrent souvent sur une même surface, une même paroi. Pour le peintre, cette diversité de matériaux ne concerne que la première couche appliquée qui seule est en contact direct avec le subjectile.
Le choix de cette première couche (appelée impression ou primaire), est primordial car :
- Elle assure l’accrochage du système au subjectile ;
- Elle imprègne le support et le nourrit ;
- Elle égalise l’absorption du subjectile ;
- Elle joue un rôle curatif et préventif (antirouille, fongicide) ;
- Elle doit recevoir la couche suivante. La couche d’impression doit donc offrir au film suivant la possibilité et les conditions optimales de son adhérence.

Pour pénétrer dans les supports poreux (béton, enduits hydrauliques, plâtre, épidermes cartonnés, bois et agglomérées, toiles), la première couche, que l’on pourrait qualifier d’ « imprégnation », devra donc être assez fluide. C’est la proportion de diluant dans la peinture qui permet cette pénétration et donc l’adhérence.

Les primaires employés sur les métaux ferreux sont appelés peintures « antirouille » ou « anticorrosion ».

Le zinc, le cuivre et l’aluminium, en raison de leur structure très lisse et de leur oxydation, nécessitent l’emploi d’un primaire spécifique.
Certains bois exotiques secrètent des résines antisicatives qui retardent, voire empêchent le séchage par oxydation des peintures. On utilise dans ce cas une impression séchant par un autre mode ; cette impression est parfois pigmentée avec de l’aluminium pour empêcher l’exsudation de ces résines.
L’humidité du support, soit accidentelle et ponctuelle, soit permanente, pose souvent des problèmes au peintre.
Il n’est pas toujours possible d’attendre l’évacuation de l’humidité ponctuelle ou accidentelle. On trouve dans le commerce des produits « contre l’humidité », dits improprement « hydrofuges », que l’on peut classer en trois catégories :
- Les peintures à base de caoutchouc chloré, qui donnent des films souples et imperméables ;
- Les peintures à base de silicones qui s’opposent au passage de l’eau, mais ne peuvent être recouvertes
- Les peintures à base de silicate, qui sont non seulement insensibles à l’eau, mais se cristallisent sur le support en le laissant respirer, on se retrouve alors avec un fond alcalin.

Dans le système de peinture engagé, il faut respecter la loi d’élasticité croissante selon laquelle chaque couche de recouvrement doit être plus souple, plus élastique, que celle qui la précède. Cette élasticité dépend de la richesse en liant, du mode de séchage et des supports.
C’est le liant qui donne sa souplesse au film de peinture. Son pourcentage par rapport au pigment doit donc aller en augmentant du support à la couche finale.

Sur les matériaux poreux (plâtre, bois tendres, papiers…), la couche d’impression est déjà riche en liant pour bloquer l’absorption. Cette couche sèche et durcit rapidement. Elle sera recouverte de couches intermédiaires dont la proportion de liant ira croissant jusqu’à la couche de finition.
Sur un subjectile moins poreux (chêne aggloméré, par exemple), la première couche est pauvre en liant, puis les couches suivantes seront de plus en plus riches, donc plus souples.
Lorsque le fond n’est pas poreux, sur un métal par exemple, le fond n’étant pas absorbant, le peintre devra attendre plus longtemps le durcissement de la peinture avant de recouvrir la couche primaire.
Les travaux d’apprêt sont d’ordre esthétique. Ils ne jouent pas de rôle technique dans le système de peinture. S’ils ne renforcent aucune des qualités du film pour la protection des surfaces, ils ne doivent, pas non plus, les amoindrir.
Le classement progressif de l’état de finition des peintures est ainsi établi par le DTU 59.1 :

· Finition C
Le film de peinture couvre le subjectile. Il lui apporte un coloris, mais l’état de finition de surface reflète celui du subjectile.
La finition « C » est d’aspect poché.
Des défauts de pouvoir masquant et de brillance sont tolérés.
Cette finition est communément appelé « travaux élémentaires »
Les autres finitions sont « définies par nature du subjectile ».

· Finition B
La planéité générale n’est pas modifiée. Les altérations accidentelles sont corrigées.
La finition B est d’aspect poché.
Quelques défauts d’épiderme et quelque trace d’outils d’application sont admis.
La finition B correspond à des « travaux courants ».

· Finition A
La planéité finale est satisfaisante. De faibles défauts d’aspect sont tolérés.
Le réchampissage ne présente pas d’irrégularités
La finition A correspond à des « travaux soignés ».
A ce classement s’ajoutent les finitions spécifiques sur prescriptions spéciales : travaux de laque polie, de décor, d’effets particuliers.
On distingue trois grandes catégories de travaux d’apprêt :
- Les rebouchages
- Les enduisages
- Les entoilages et marouflages.

Le rebouchage : Le rebouchage est une intervention ponctuelle pour combler un trou, un creux, une fissure dans une surface à peindre. Le produit employé, mastic ou enduit, dépend et du support et du volume à combler :
Sur les maçonneries et enduits à liant hydraulique, on emploi un mortier fin de ciment renforcé aux résines époxydiques ou acryliques ; ces produits sont livrés pré-dosés dans leur emballage.
Sur les enduits de plâtre, on utilise un plâtre de construction ou un plâtre à modeler.
Sur les fonds déjà peints, le produit employé pour reboucher, sera, de préférence, de même nature que les couches de peinture dans lesquelles il est inclus : enduit gras durci ou mastic à l’huile amélioré à l’oxyde de zinc broyé pour des peintures glycérophtaliques ; enduit vinylique pour des peintures vinyliques ou acryliques.

Rebouchage des fentes et des fissures : Sur les enduits de plâtres, les plaques de plâtre, il convient d’abord d’ouvrir la fissure avec un riflard ou un grattoir pour dégager les lèvres et supprimer les parties non adhérentes. Un produit à fort coefficient de dilatation lors de son séchage est tout indiqué pour le rebouchage.

Mode opératoire :
On commence par préparer les fissures du mur :
L’opération consiste à élargir la fissure à l’aide d’un grattoir triangulaire. Avec une brosse, éliminez les écailles de peinture qui se détachent. Poncez avec du papier de verre dans la fissure et sur les
bords de la fissure pour vous assurer qu’il n’y a plus d’écailles de peinture et que l’enduit que vous appliquerez par la suite adhère parfaitement.
Ensuite on retire les petites particules de poussière avec une petite brosse.

gratoire_triangulaire

Si les fissures ont tendance à réapparaitre, on utilise des calicots.

joint_calicot

Dérouler la bande de joint et l’appliquer délicatement avec la main ou une éponge.

Appliquer une seconde couche d’enduit sur la bande de joint en la tendant du centre vers les extrémités. Même si les bords de la plaque ne sont pas amincis, la surépaisseur reste faible et tout à fait acceptable.

enduit__bande_joint

Lors du ponçage, avant la peinture, il faut poncez très légèrement en évitant de faire ressortir la bande de joint.
Mieux vaut faire un ponçage minimal puis appliquer une sous couche de peinture avant de refaire un ponçage approfondi.
Pour les angles de cloisons sortants à 90°, on place une équerre métallique recouverte d’enduit.

enduisage

Enduisage

L’ébauche : L’ébauche permet de réduire les gros défauts du support : décalage entre les planches du coffrage, différence de niveau entre les parties grattées et le film restant, fonds de gouttelette ou d’enduit structuré n’étant pas repeint en l’état, etc.
Elle est exécutée avec les mêmes produits que l’enduit qui la suivra.
Le ratissage : La couche d’enduit est faible, les petites crêtes du support ne sont pas couvertes mais arasées.
L’outil – couteau à enduire ou taloche – est tenu de façon à former un angle important avec la surface et l’appui de la main est ferme.
L’enduisage de dégrossissage : Formulé spécialement et d’une texture plus grossière il sert, comme l’indique son nom, à dégrossir les supports avant l’application des enduits proprement dits ou le collage de toile.
L’enduisage non repassé : La couche d’enduit déposée est plus importante que pour le ratissage. Elle est continue. L’angle entre l’outil est la surface est plus faible. On ne « passe » qu’une fois sur le support.
Comme l'enduit de rebouchage, l'enduit de lissage se présente en poudre ou en pâte prête à l'emploi. Sa texture plus fine permet de lisser le support et les surfaces et de recouvrir les petites imperfections peu profondes.
Pour appliquer l’enduit, on travaille toujours par petites zones carrées de 50 cm de côté en partant du bas. On applique l’enduit afin de l’étaler sur 1 mm d’épaisseur de manière homogène.

application_enduit

Pour cela, on positionne le couteau légèrement en biais, pour chasser l’enduit vers l’extérieur. On lisse ensuite l’enduit. Pour cela on utilise la partie aiguisée de la lame face au mur. On l’applique en phase verticale en faisant descendre le couteau.

application_enduit_02

On avance par bandes parallèles successives e, chevauchant la précédente bande de 5 centimètres pour garantir une surface lisse et homogène. On étale l’enduit jusqu’à obtenir une surface lisse avec la précédente.
Une fois l’enduit sec, on passe un papier à poncer très fin avec une cale à poncer ou avec une ponceuse excentrique.

ponceuse_excentrique

Produits utilisés :
Les enduits dits « à l’eau », à liant méthyl-cellulosique et/ou vinylique, commercialisés sous le nom d’ « enduits pelliculaires », ces enduits sont généralement conditionnés en poudre à délayer dans l’eau. On trouve des enduits de dégrossissage en pâte prêts à l’emploi ; la liant ; dans ce cas, est un styrène acrylique en phase aqueuse.

Les enduits gras ou mixtes : Traditionnellement, le peintre pensait « enduit gras » quand il parlait d’enduisage. Ces enduits étaient préparés, sur le chantier, avec de l’huile de lin, de l’oxyde de zinc broyé et du blanc de Meudon. Divers adjuvants – secrets de fabrication ou tours de main – en facilitaient l’emploi et la « glisse ».
Ils sont actuellement élaborés par les fabricants qui ne proposent que des enduits « mixtes », mélanges de lient/huile avec des liants émulsionnée vinyliques. Ils se présentent en pâte prête à l’emploi.
Pour les travaux sur subjectiles métalliques, des produits semblables aux enduits employés en peinture de carrosserie existent. Ces produits se caractérisent par leur grande dureté et nécessitent un ponçage à l’abrasif à l’eau.
Dans le système de peinture, les enduits occupent un volume beaucoup plus important que les couches de peintures. Cela vient de leur composition (beaucoup plus de charges) et de leur rôle (égaliser les surfaces). Paradoxalement, dans le « feuilleté » que constituent les diverses applications, c’est l’élément faible qui occupe la plus grande place ! C’est pourquoi le peintre doit s’efforcer de réduire le plus possible l’épaisseur d’enduit appliqué.
En conclusion, l’enduisage est certes une belle et bonne pratique, à condition d’utiliser le moins d’enduit possible. Pour cela, on ponce l’enduit de manière à ce qu’il n’y ai pas d’ « épaisseur superflue ».

Entoilage : En peinture bâtiment, la pose collée d’une toile sur une surface est appelée « marouflage ». Entoilage et marouflage sont donc synonymes. Les marouflages ont cinq fonctions essentielles :
- Masquer des supports irréguliers, fendillés ou faïencés ;
- Renforcer un support trop tendre : un soubassement en plâtre exposé aux chocs, par exemple ;
- Ajouter des qualités de résistance à la traction et de la souplesse au film de peinture ;
- Prévenir les mouvements des microfissures sur les enduits à liants hydraulique et les ruptures entre matériaux différents juxtaposés, susceptibles d’entraîner le déchirement du film.
- Offrir une surface stable et homogène pour des travaux de décoration.

Technique employé pour l’entoilage : Le peintre pose depuis longtemps des toiles brutes, de jute ou de lin, destinées à être peintes en ton uni. Il utilise des bandes étroites de calicot pour prévenir le mouvement des fissures, opération appelée « pontage ».
L’entoilage s’effectue selon deux techniques :

1. La toile est collée sur le support au moyen d’une colle vinylique ou acrylique. Le type de fibre du tissu détermine le choix de cette colle ; il est généralement indiqué par le fabricant.
Schématiquement, on peut dire que les colles vinyliques suffisent pour les matériaux naturels, tandis que les colles acryliques sont préférables pour les matériaux de synthèse.

2. La toile est noyée dans la couche de peinture ou d’enduit : c’est le système employé dans les travaux d’imperméabilité de façade. La toile utilisée est généralement d’un tissage moins serré. C’est également le procédé utilisé pour le traitement des fissures en plafond ou entre matériaux différents.
L’adhérence de la toile est tributaire de celle des peintures ou enduits dans lesquels elle est intégrée.
Entoilage partiel ou entoilage total ?
Les bandes de calicot ou de non-tissé sont enduites pour des raisons esthétiques. La partie de la surface ainsi traitée se trouve donc en relief par rapport aux surfaces voisines, ce qui oblige à enduire sur une grande largeur.

· Lorsque la polymérisation des produits n’est pas terminée, la peinture alkydeglycérophtalique brillante est souple et dans ce cas le résultat est excellent. Il n’en va pas de même lorsque l’ensemble du système, sec à cœur, est devenu dur.

· Lorsqu’il s’agit de peinture alkyde-glycérophtalique mate et si l’enduit est trop important, l’efficacité de l’entoilage partiel est très diminué.
Dans ces deux cas, nous retrouvons le problème des enduisages : présence d’un élément très minéral, dur, cassant dans un système auquel on demande d’être souple…..
La partie traitée partiellement va être le siège de mouvements – plissements, ruptures – que ne connaîtra pas le reste de la surface. Pour des travaux courants, un bon rebouchage avec un produit dilatant est moins onéreux et plus efficace dans la durée. Une mince fissure est préférable à une boursouflure.

Entoilage total : Les travaux de peinture gagnent en solidité et en finition lorsqu’ils sont réalisés avec des toiles collées sur toute la surface ; ils préviennent ainsi les microfissurations du support.
L’application d’un enduit sur ces toiles correspond à une considération purement esthétique ; elle n’est pas un exempte de risques techniques comme nous venons de le voir.

L’entoilage des plafonds et des murs, en laissant la trame décorative apparente, sans enduisage, a été longtemps considéré comme une finition utilitaire : « Les beaux travaux de peinture sont des travaux exécutés sur un enduit impeccable », entend-on couramment. Ce point de vue tend à disparaître pour des raisons économiques (l’enduit est long à appliquer et à poncer, donc cher) et esthétiques (de plus en plus dans l’habitat collectif et dans l’hôtellerie, les finitions sont « structurées » et les plafonds ne sont pas lisses.

Place respective de l’impression et des travaux d’apprêt dans les systèmes de peinture en travaux intérieurs :

Le DTU 59.1 place l’impression avant tous travaux d’apprêt dans les systèmes prévus sur les subjectiles neufs. Or, dans la pratique, les peintres commencent souvent par un enduisage.

Nous indiquerons la ligne de conduite à tenir pour respecter les trois règles déjà énoncées :
- Adhérence des peintures
- Adéquation du support
- Elasticité croissante
L’emploi du terme « couche d’apprêt » dans certaines fiches techniques pour désigner la première couche appliquée souligne l’imbrication de l’impression avec les apprêts proprement dits. La place respective de l’impression et celle des travaux d’apprêt dépendent à la fois des supports et de la composition des produits employés.

Supports
Les subjectiles minéraux et les papiers : Sur ces subjectiles bruts, les rebouchages, les enduisages de débullage, de dégrossissage, les ébauches, voire les enduisages non repassés servent souvent à reconstituer une surface suffisamment plane pour les travaux qui suivront. Tous les produits employés sont en phase aqueuse.
Sur les matériaux minéraux (plâtres, enduits à liant hydraulique, parpaings) ou directement sur les plaques à épiderme cartonné, l’enduisage à l’eau est un bon système : la structure de l’enduit à l’eau et celle du plâtre ou du papier ne sont pas très différentes. Leur porosité est semblable. L’eau évaporée au cours du séchage de l’enduit sera donc facilement absorbée par le support et l’accrochage des liants méthyl-cellulosiques, vinyliques ou acryliques sera très bon.
La composition des enduits en phase aqueuse, à forte charge minérale, les rend comparables aux supports bruts : enduits hydrauliques, béton, plaque de plâtre à épiderme cartonné. Comme ces supports, leur souplesse est très relative.
Le respect de la règle de l’élasticité croissante conseille donc de mettre les enduits hydrosolubles en première place dans le système de peinture.
Les rebouchages et les enduisages précéderont logiquement l’impression.
La composition de la couche d’accrochage et son adéquation au support seront alors fonction non du subjectile, mais de la nature de l’enduit appliqué, parfois plus poreux que le béton qu’il recouvre.

Les subjectiles non poreux, les bois et dérivés et les fonds

Sur les fonds anciens, l’impression précède toujours le rebouchage : elle permet de mieux voir les imperfections et facilité l’accrochage du rebouchage lui-même.
Lorsque la nature du support est modifiée par le contact de l’eau – cas des bois dont les fibres se gonflent et se redressent, des plaques de bois reconstitué, ou des papiers insuffisamment adhérent, l’impression préalable est obligatoire.

Pour les métaux et matériaux de synthèse, c’est l’adéquation au support qui détermine l’adhérence.
L’impression, jouant ce rôle, doit intervenir en premier.
Sur les fonds déjà peints ou non absorbants (toile de verre, par exemple), l’impression est la première opération.
Dans tous ces cas, l’enduit en phase aqueuse est à proscrire. Emprisonné entre deux couches imperméables, il constituera le point faible du système de peinture. Placé à cet endroit, l’enduit à l’eau, sans souplesse, déroge à la loi de l’élasticité croissante.
Composition des produits employés : Chaque fois que les enduisages ou rebouchages envisagés sont réalisés avec des produits gras ou plus simplement en phase solvant, il faut imprimer d’abord. Les impressions, souvent en phase solvant, ne permettent pas un accrochage optimal des enduits en phase aqueuse qui viendraient ensuite.
Pour la continuité du système et dans le respect de la loi d’élasticité croissante, il est préférable que les produits employés aux diverses étapes du travail soient composés, sinon avec le même liant, su moins avec le même diluant, aqueux ou de synthèse.

Comment préparer mes surfaces à peindre ? (Partie 2)

Les travaux préparatoires étant effectués (voir Comment préparer mes surfaces à peindre ?(Partie 1)), les supports peuvent recevoir le système de peinture proprement dit.

Divers subjectiles se rencontrent souvent sur une même surface, une même paroi. Pour le peintre, cette diversité de matériaux ne concerne que la première couche appliquée qui seule est en contact direct avec le subjectile.
Le choix de cette première couche (appelée impression ou primaire), est primordial car :
- Elle assure l’accrochage du système au subjectile ;
- Elle imprègne le support et le nourrit ;
- Elle égalise l’absorption du subjectile ;
- Elle joue un rôle curatif et préventif (antirouille, fongicide) ;
- Elle doit recevoir la couche suivante. La couche d’impression doit donc offrir au film suivant la possibilité et les conditions optimales de son adhérence.

Pour pénétrer dans les supports poreux (béton, enduits hydrauliques, plâtre, épidermes cartonnés, bois et agglomérées, toiles), la première couche, que l’on pourrait qualifier d’ « imprégnation », devra donc être assez fluide. C’est la proportion de diluant dans la peinture qui permet cette pénétration et donc l’adhérence.

Les primaires employés sur les métaux ferreux sont appelés peintures « antirouille » ou « anticorrosion ».

Le zinc, le cuivre et l’aluminium, en raison de leur structure très lisse et de leur oxydation, nécessitent l’emploi d’un primaire spécifique.
Certains bois exotiques secrètent des résines antisicatives qui retardent, voire empêchent le séchage par oxydation des peintures. On utilise dans ce cas une impression séchant par un autre mode ; cette impression est parfois pigmentée avec de l’aluminium pour empêcher l’exsudation de ces résines.
L’humidité du support, soit accidentelle et ponctuelle, soit permanente, pose souvent des problèmes au peintre.
Il n’est pas toujours possible d’attendre l’évacuation de l’humidité ponctuelle ou accidentelle. On trouve dans le commerce des produits « contre l’humidité », dits improprement « hydrofuges », que l’on peut classer en trois catégories :
- Les peintures à base de caoutchouc chloré, qui donnent des films souples et imperméables ;
- Les peintures à base de silicones qui s’opposent au passage de l’eau, mais ne peuvent être recouvertes
- Les peintures à base de silicate, qui sont non seulement insensibles à l’eau, mais se cristallisent sur le support en le laissant respirer, on se retrouve alors avec un fond alcalin.

Dans le système de peinture engagé, il faut respecter la loi d’élasticité croissante selon laquelle chaque couche de recouvrement doit être plus souple, plus élastique, que celle qui la précède. Cette élasticité dépend de la richesse en liant, du mode de séchage et des supports.
C’est le liant qui donne sa souplesse au film de peinture. Son pourcentage par rapport au pigment doit donc aller en augmentant du support à la couche finale.

Sur les matériaux poreux (plâtre, bois tendres, papiers…), la couche d’impression est déjà riche en liant pour bloquer l’absorption. Cette couche sèche et durcit rapidement. Elle sera recouverte de couches intermédiaires dont la proportion de liant ira croissant jusqu’à la couche de finition.
Sur un subjectile moins poreux (chêne aggloméré, par exemple), la première couche est pauvre en liant, puis les couches suivantes seront de plus en plus riches, donc plus souples.
Lorsque le fond n’est pas poreux, sur un métal par exemple, le fond n’étant pas absorbant, le peintre devra attendre plus longtemps le durcissement de la peinture avant de recouvrir la couche primaire.
Les travaux d’apprêt sont d’ordre esthétique. Ils ne jouent pas de rôle technique dans le système de peinture. S’ils ne renforcent aucune des qualités du film pour la protection des surfaces, ils ne doivent, pas non plus, les amoindrir.
Le classement progressif de l’état de finition des peintures est ainsi établi par le DTU 59.1 :

· Finition C
Le film de peinture couvre le subjectile. Il lui apporte un coloris, mais l’état de finition de surface reflète celui du subjectile.
La finition « C » est d’aspect poché.
Des défauts de pouvoir masquant et de brillance sont tolérés.
Cette finition est communément appelé « travaux élémentaires »
Les autres finitions sont « définies par nature du subjectile ».

· Finition B
La planéité générale n’est pas modifiée. Les altérations accidentelles sont corrigées.
La finition B est d’aspect poché.
Quelques défauts d’épiderme et quelque trace d’outils d’application sont admis.
La finition B correspond à des « travaux courants ».

· Finition A
La planéité finale est satisfaisante. De faibles défauts d’aspect sont tolérés.
Le réchampissage ne présente pas d’irrégularités
La finition A correspond à des « travaux soignés ».
A ce classement s’ajoutent les finitions spécifiques sur prescriptions spéciales : travaux de laque polie, de décor, d’effets particuliers.
On distingue trois grandes catégories de travaux d’apprêt :
- Les rebouchages
- Les enduisages
- Les entoilages et marouflages.

Le rebouchage : Le rebouchage est une intervention ponctuelle pour combler un trou, un creux, une fissure dans une surface à peindre. Le produit employé, mastic ou enduit, dépend et du support et du volume à combler :
Sur les maçonneries et enduits à liant hydraulique, on emploi un mortier fin de ciment renforcé aux résines époxydiques ou acryliques ; ces produits sont livrés pré-dosés dans leur emballage.
Sur les enduits de plâtre, on utilise un plâtre de construction ou un plâtre à modeler.
Sur les fonds déjà peints, le produit employé pour reboucher, sera, de préférence, de même nature que les couches de peinture dans lesquelles il est inclus : enduit gras durci ou mastic à l’huile amélioré à l’oxyde de zinc broyé pour des peintures glycérophtaliques ; enduit vinylique pour des peintures vinyliques ou acryliques.

Rebouchage des fentes et des fissures : Sur les enduits de plâtres, les plaques de plâtre, il convient d’abord d’ouvrir la fissure avec un riflard ou un grattoir pour dégager les lèvres et supprimer les parties non adhérentes. Un produit à fort coefficient de dilatation lors de son séchage est tout indiqué pour le rebouchage.

Mode opératoire :
On commence par préparer les fissures du mur :
L’opération consiste à élargir la fissure à l’aide d’un grattoir triangulaire. Avec une brosse, éliminez les écailles de peinture qui se détachent. Poncez avec du papier de verre dans la fissure et sur les
bords de la fissure pour vous assurer qu’il n’y a plus d’écailles de peinture et que l’enduit que vous appliquerez par la suite adhère parfaitement.
Ensuite on retire les petites particules de poussière avec une petite brosse.

gratoire_triangulaire

Si les fissures ont tendance à réapparaitre, on utilise des calicots.

joint_calicot

Dérouler la bande de joint et l’appliquer délicatement avec la main ou une éponge.

Appliquer une seconde couche d’enduit sur la bande de joint en la tendant du centre vers les extrémités. Même si les bords de la plaque ne sont pas amincis, la surépaisseur reste faible et tout à fait acceptable.

enduit__bande_joint

Lors du ponçage, avant la peinture, il faut poncez très légèrement en évitant de faire ressortir la bande de joint.
Mieux vaut faire un ponçage minimal puis appliquer une sous couche de peinture avant de refaire un ponçage approfondi.
Pour les angles de cloisons sortants à 90°, on place une équerre métallique recouverte d’enduit.

enduisage

Enduisage

L’ébauche : L’ébauche permet de réduire les gros défauts du support : décalage entre les planches du coffrage, différence de niveau entre les parties grattées et le film restant, fonds de gouttelette ou d’enduit structuré n’étant pas repeint en l’état, etc.
Elle est exécutée avec les mêmes produits que l’enduit qui la suivra.
Le ratissage : La couche d’enduit est faible, les petites crêtes du support ne sont pas couvertes mais arasées.
L’outil – couteau à enduire ou taloche – est tenu de façon à former un angle important avec la surface et l’appui de la main est ferme.
L’enduisage de dégrossissage : Formulé spécialement et d’une texture plus grossière il sert, comme l’indique son nom, à dégrossir les supports avant l’application des enduits proprement dits ou le collage de toile.
L’enduisage non repassé : La couche d’enduit déposée est plus importante que pour le ratissage. Elle est continue. L’angle entre l’outil est la surface est plus faible. On ne « passe » qu’une fois sur le support.
Comme l'enduit de rebouchage, l'enduit de lissage se présente en poudre ou en pâte prête à l'emploi. Sa texture plus fine permet de lisser le support et les surfaces et de recouvrir les petites imperfections peu profondes.
Pour appliquer l’enduit, on travaille toujours par petites zones carrées de 50 cm de côté en partant du bas. On applique l’enduit afin de l’étaler sur 1 mm d’épaisseur de manière homogène.

application_enduit

Pour cela, on positionne le couteau légèrement en biais, pour chasser l’enduit vers l’extérieur. On lisse ensuite l’enduit. Pour cela on utilise la partie aiguisée de la lame face au mur. On l’applique en phase verticale en faisant descendre le couteau.

application_enduit_02

On avance par bandes parallèles successives e, chevauchant la précédente bande de 5 centimètres pour garantir une surface lisse et homogène. On étale l’enduit jusqu’à obtenir une surface lisse avec la précédente.
Une fois l’enduit sec, on passe un papier à poncer très fin avec une cale à poncer ou avec une ponceuse excentrique.

ponceuse_excentrique

Produits utilisés :
Les enduits dits « à l’eau », à liant méthyl-cellulosique et/ou vinylique, commercialisés sous le nom d’ « enduits pelliculaires », ces enduits sont généralement conditionnés en poudre à délayer dans l’eau. On trouve des enduits de dégrossissage en pâte prêts à l’emploi ; la liant ; dans ce cas, est un styrène acrylique en phase aqueuse.

Les enduits gras ou mixtes : Traditionnellement, le peintre pensait « enduit gras » quand il parlait d’enduisage. Ces enduits étaient préparés, sur le chantier, avec de l’huile de lin, de l’oxyde de zinc broyé et du blanc de Meudon. Divers adjuvants – secrets de fabrication ou tours de main – en facilitaient l’emploi et la « glisse ».
Ils sont actuellement élaborés par les fabricants qui ne proposent que des enduits « mixtes », mélanges de lient/huile avec des liants émulsionnée vinyliques. Ils se présentent en pâte prête à l’emploi.
Pour les travaux sur subjectiles métalliques, des produits semblables aux enduits employés en peinture de carrosserie existent. Ces produits se caractérisent par leur grande dureté et nécessitent un ponçage à l’abrasif à l’eau.
Dans le système de peinture, les enduits occupent un volume beaucoup plus important que les couches de peintures. Cela vient de leur composition (beaucoup plus de charges) et de leur rôle (égaliser les surfaces). Paradoxalement, dans le « feuilleté » que constituent les diverses applications, c’est l’élément faible qui occupe la plus grande place ! C’est pourquoi le peintre doit s’efforcer de réduire le plus possible l’épaisseur d’enduit appliqué.
En conclusion, l’enduisage est certes une belle et bonne pratique, à condition d’utiliser le moins d’enduit possible. Pour cela, on ponce l’enduit de manière à ce qu’il n’y ai pas d’ « épaisseur superflue ».

Entoilage : En peinture bâtiment, la pose collée d’une toile sur une surface est appelée « marouflage ». Entoilage et marouflage sont donc synonymes. Les marouflages ont cinq fonctions essentielles :
- Masquer des supports irréguliers, fendillés ou faïencés ;
- Renforcer un support trop tendre : un soubassement en plâtre exposé aux chocs, par exemple ;
- Ajouter des qualités de résistance à la traction et de la souplesse au film de peinture ;
- Prévenir les mouvements des microfissures sur les enduits à liants hydraulique et les ruptures entre matériaux différents juxtaposés, susceptibles d’entraîner le déchirement du film.
- Offrir une surface stable et homogène pour des travaux de décoration.

Technique employé pour l’entoilage : Le peintre pose depuis longtemps des toiles brutes, de jute ou de lin, destinées à être peintes en ton uni. Il utilise des bandes étroites de calicot pour prévenir le mouvement des fissures, opération appelée « pontage ».
L’entoilage s’effectue selon deux techniques :

1. La toile est collée sur le support au moyen d’une colle vinylique ou acrylique. Le type de fibre du tissu détermine le choix de cette colle ; il est généralement indiqué par le fabricant.
Schématiquement, on peut dire que les colles vinyliques suffisent pour les matériaux naturels, tandis que les colles acryliques sont préférables pour les matériaux de synthèse.

2. La toile est noyée dans la couche de peinture ou d’enduit : c’est le système employé dans les travaux d’imperméabilité de façade. La toile utilisée est généralement d’un tissage moins serré. C’est également le procédé utilisé pour le traitement des fissures en plafond ou entre matériaux différents.
L’adhérence de la toile est tributaire de celle des peintures ou enduits dans lesquels elle est intégrée.
Entoilage partiel ou entoilage total ?
Les bandes de calicot ou de non-tissé sont enduites pour des raisons esthétiques. La partie de la surface ainsi traitée se trouve donc en relief par rapport aux surfaces voisines, ce qui oblige à enduire sur une grande largeur.

· Lorsque la polymérisation des produits n’est pas terminée, la peinture alkydeglycérophtalique brillante est souple et dans ce cas le résultat est excellent. Il n’en va pas de même lorsque l’ensemble du système, sec à cœur, est devenu dur.

· Lorsqu’il s’agit de peinture alkyde-glycérophtalique mate et si l’enduit est trop important, l’efficacité de l’entoilage partiel est très diminué.
Dans ces deux cas, nous retrouvons le problème des enduisages : présence d’un élément très minéral, dur, cassant dans un système auquel on demande d’être souple…..
La partie traitée partiellement va être le siège de mouvements – plissements, ruptures – que ne connaîtra pas le reste de la surface. Pour des travaux courants, un bon rebouchage avec un produit dilatant est moins onéreux et plus efficace dans la durée. Une mince fissure est préférable à une boursouflure.

Entoilage total : Les travaux de peinture gagnent en solidité et en finition lorsqu’ils sont réalisés avec des toiles collées sur toute la surface ; ils préviennent ainsi les microfissurations du support.
L’application d’un enduit sur ces toiles correspond à une considération purement esthétique ; elle n’est pas un exempte de risques techniques comme nous venons de le voir.

L’entoilage des plafonds et des murs, en laissant la trame décorative apparente, sans enduisage, a été longtemps considéré comme une finition utilitaire : « Les beaux travaux de peinture sont des travaux exécutés sur un enduit impeccable », entend-on couramment. Ce point de vue tend à disparaître pour des raisons économiques (l’enduit est long à appliquer et à poncer, donc cher) et esthétiques (de plus en plus dans l’habitat collectif et dans l’hôtellerie, les finitions sont « structurées » et les plafonds ne sont pas lisses.

Place respective de l’impression et des travaux d’apprêt dans les systèmes de peinture en travaux intérieurs :

Le DTU 59.1 place l’impression avant tous travaux d’apprêt dans les systèmes prévus sur les subjectiles neufs. Or, dans la pratique, les peintres commencent souvent par un enduisage.

Nous indiquerons la ligne de conduite à tenir pour respecter les trois règles déjà énoncées :
- Adhérence des peintures
- Adéquation du support
- Elasticité croissante
L’emploi du terme « couche d’apprêt » dans certaines fiches techniques pour désigner la première couche appliquée souligne l’imbrication de l’impression avec les apprêts proprement dits. La place respective de l’impression et celle des travaux d’apprêt dépendent à la fois des supports et de la composition des produits employés.

Supports
Les subjectiles minéraux et les papiers : Sur ces subjectiles bruts, les rebouchages, les enduisages de débullage, de dégrossissage, les ébauches, voire les enduisages non repassés servent souvent à reconstituer une surface suffisamment plane pour les travaux qui suivront. Tous les produits employés sont en phase aqueuse.
Sur les matériaux minéraux (plâtres, enduits à liant hydraulique, parpaings) ou directement sur les plaques à épiderme cartonné, l’enduisage à l’eau est un bon système : la structure de l’enduit à l’eau et celle du plâtre ou du papier ne sont pas très différentes. Leur porosité est semblable. L’eau évaporée au cours du séchage de l’enduit sera donc facilement absorbée par le support et l’accrochage des liants méthyl-cellulosiques, vinyliques ou acryliques sera très bon.
La composition des enduits en phase aqueuse, à forte charge minérale, les rend comparables aux supports bruts : enduits hydrauliques, béton, plaque de plâtre à épiderme cartonné. Comme ces supports, leur souplesse est très relative.
Le respect de la règle de l’élasticité croissante conseille donc de mettre les enduits hydrosolubles en première place dans le système de peinture.
Les rebouchages et les enduisages précéderont logiquement l’impression.
La composition de la couche d’accrochage et son adéquation au support seront alors fonction non du subjectile, mais de la nature de l’enduit appliqué, parfois plus poreux que le béton qu’il recouvre.

Les subjectiles non poreux, les bois et dérivés et les fonds

Sur les fonds anciens, l’impression précède toujours le rebouchage : elle permet de mieux voir les imperfections et facilité l’accrochage du rebouchage lui-même.
Lorsque la nature du support est modifiée par le contact de l’eau – cas des bois dont les fibres se gonflent et se redressent, des plaques de bois reconstitué, ou des papiers insuffisamment adhérent, l’impression préalable est obligatoire.

Pour les métaux et matériaux de synthèse, c’est l’adéquation au support qui détermine l’adhérence.
L’impression, jouant ce rôle, doit intervenir en premier.
Sur les fonds déjà peints ou non absorbants (toile de verre, par exemple), l’impression est la première opération.
Dans tous ces cas, l’enduit en phase aqueuse est à proscrire. Emprisonné entre deux couches imperméables, il constituera le point faible du système de peinture. Placé à cet endroit, l’enduit à l’eau, sans souplesse, déroge à la loi de l’élasticité croissante.
Composition des produits employés : Chaque fois que les enduisages ou rebouchages envisagés sont réalisés avec des produits gras ou plus simplement en phase solvant, il faut imprimer d’abord. Les impressions, souvent en phase solvant, ne permettent pas un accrochage optimal des enduits en phase aqueuse qui viendraient ensuite.
Pour la continuité du système et dans le respect de la loi d’élasticité croissante, il est préférable que les produits employés aux diverses étapes du travail soient composés, sinon avec le même liant, su moins avec le même diluant, aqueux ou de synthèse.

 

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